Luisa Miranda Alarcón

vendredi, juin, 30, 2017

La double nationalité: c’est un ET l’autre

par Luisa Miranda Alarcón


Luisa Alarcon, coordonnatrice d’évènements et de marketing du CCSM, raconte sa vie en tant qu’immigrante de première génération et explique comment le sport a façonné son identité canadienne.


Alors que nous nous préparons à célébrer la fête du Canada pendant le long weekend pour souligner le 150e anniversaire du pays, je me souviens que juillet marque également le 25e anniversaire de mon arrivée au Canada avec ma sœur.

Il faisait très chaud en juillet 1992 lorsque deux adolescentes âgées de 13 et 14 ans sont arrivées à Winnipeg pour vivre avec leur mère et leur beau-père dans un appartement de l’avenue Corydon. Pour notre premier repas, nous avons mangé des pérogies servis avec de la crème sure. Je n’oublierai jamais cette soirée ni le parcours qui nous a réunies avec notre mère et notre petit frère de cinq ans, tout en nous éloignant (géographiquement) de notre père, de notre grand-mère, de nos deux petits frère et sœur, de nos amis et de notre famille.

Notre arrivée était une nouvelle aventure excitante, mais aussi une vision floue de l’inconnu : une nouvelle langue, de la nourriture que je ne connaissais pas, des émissions de télé étrangères, des amis à connaitre et des relations à établir. Un nouveau monde à conquérir, un monde qui 25 ans plus tard est devenu un « chez soi loin de chez soi ». C’est aussi notre Canada, un pays qui nous semble une terre d’origine qui nous tient à cœur autant que le Guatemala que nous avons quitté.

Nous, les immigrants de première génération, connaissons la joie, le privilège et le fléau ressentis lorsqu’on devient la somme de deux cultures qui façonnent nos identités adultes, produits de la richesse venant de notre connaissance du meilleur (et du pire) de deux mondes. Nous réalisons que les possibilités et les ressources sont limitées partout dans le monde, mais nous nous jugeons bénis car nous avons découvert que nous pouvons tous atteindre notre plein potentiel lorsqu’il y a davantage de ressources disponibles. La technologie qui évolue continuellement est un cadeau qui nous permet de combler l’écart créé par la géographie. Mais nous connaissons aussi la tristesse ressentie lorsqu’une personne nous regarde pour nous rappeler « comment on fait les choses au Canada », même s’il y a déjà 25 ans que l’on est ici. Réajuster ses attentes concernant la vie et le travail au Canada, et la fierté d’avoir surmonté l’adversité. Le courage de continuer à parler avec un accent sans s’excuser, accepter ma double identité guatémalienne et canadienne.

Vingt-cinq ans plus tard, je suis fière et reconnaissante de vivre au Canada. Je suis heureuse de voir mes enfants grandir dans un pays où les possibilités abondent et où l’on est accepté. Un endroit qui m’a appris que la clé est de respecter mon voisin, son point de vue, ses croyances et ses choix.

Un pays qui un jour a ouvert ses portes à la famille de mon conjoint et la mienne, et qui continue à nous protéger malgré le monde turbulent dans lequel nous vivions. Ce qui semblait – et est éventuellement devenu – une chance de revoir des expatriés s’est transformé en une carrière passionnante dans le domaine des manifestations sportives depuis plus de 20 ans.

Je travaille aujourd’hui en coulisses, j’ai la chance de partager mon expérience et ma passion avec les athlètes manitobains qui aspirent à représenter le Canada sur la scène internationale. Être Canadienne est un véritable cadeau. Célébrons ensemble un pays si gentil, qui continue à ouvrir ses portes pour créer une splendide mosaïque culturelle et partager sa chaleur humaine. Joyeux 150e, Canada!

– Luisa

Bonne Fete du Canada!


Lisez l’entrée du blog de la Fête du Canada l’année dernière par le directeur général de la CSCM et rameur olympique Jeff Powell:



La feuille d’érable sur mon aviron: ramer pour le Canada
par Jeff Powell