Mois de la psychologie 2026
Mois de la psychologie (environ) 2026
Tout au long de février et de mars, de nombreux Canadiens étaient et seront rivés à leur téléviseur pour suivre les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2026 en Italie. De grands événements comme ceux-ci, et le sport de manière plus générale, occupent une place intéressante et complexe dans notre culture : ils offrent des occasions de créer des liens, de célébrer les réussites et de renforcer l’identité nationale, mais ils peuvent aussi avoir des effets néfastes. En reconnaissance des aspects de nos vies qui ont été façonnés et améliorés par la science psychologique et les pratiques cliniques, profitons de l’occasion pour réfléchir aux rôles que joue le sport dans notre société.
En plus des bienfaits bien connus pour la santé physique, la pratique du sport comporte de nombreux avantages sociaux. Le sport peut être un excellent moyen de développer ce que l’on appelle le « capital social » — les réseaux sociaux, la conscience et la compréhension interpersonnelles, ainsi que les points de connexion communs qui permettent aux communautés de prospérer. Participer à des activités sportives peut offrir des occasions d’interagir avec différents groupes sociaux, ce qui constitue l’un des meilleurs moyens de réduire les préjugés et la stigmatisation, et représente un élément central des programmes visant à diminuer la stigmatisation liée à la santé mentale1. Les personnes qui participent à des sports organisés durant l’enfance sont plus susceptibles de s’impliquer dans leur communauté à l’âge adulte2. Pour les personnes vivant avec un handicap, celles qui pratiquent un sport présentent une meilleure intégration dans leur communauté que celles qui n’y participent pas3. La participation sportive est même associée à des taux plus faibles de comportements criminels, notamment la conduite avec facultés affaiblies et la consommation de drogues4.
Les grands événements comme les Jeux olympiques et paralympiques constituent un facteur qui contribue à la participation sportive. Par exemple, des recherches récentes sur les effets des Jeux olympiques d’été de 2008 à Beijing et de 2012 à Londres ont montré un effet modeste mais perceptible : les Jeux ont suscité un sentiment d’inspiration qui a incité les gens à pratiquer un sport, une tendance qui s’est maintenue depuis5.
L’un des meilleurs aspects des grands Jeux est de pouvoir célébrer les réalisations remarquables des athlètes et tout le travail nécessaire pour y parvenir. Ces athlètes peuvent devenir des modèles pour leur communauté, en incarnant des valeurs telles que le travail acharné, la détermination, le courage, la résilience et l’esprit sportif. La recherche en psychologie nous indique que le fait d’observer d’autres personnes adopter certains comportements et valeurs constitue un processus clé par lequel nous développons ces mêmes comportements. Les programmes sportifs pour les jeunes offrent des occasions de développement du caractère, à condition qu’ils soient intentionnels à cet égard6,7.
Ces effets, entre autres, contribuent à améliorer le bien-être subjectif et à protéger contre les problèmes de santé mentale. Toutefois, bien que le sport ait indéniablement de nombreux effets positifs sur la société, il comporte aussi des conséquences négatives. Par exemple, bien que la participation sportive soit associée à une diminution de la criminalité, elle est également liée à une consommation accrue d’alcool8. Le développement positif des jeunes qui peut découler du sport (comme l’apprentissage du travail d’équipe, du respect des autres, de l’intégrité, etc.) n’est pas garanti et doit être enseigné de manière intentionnelle, ce que certains programmes sportifs négligent de faire. Les grands Jeux peuvent servir à favoriser le patriotisme et à renforcer l’identité nationale, mais ils sont fortement influencés par les médias sportifs et peuvent plutôt être utilisés à des fins de « sportswashing »9 et de promotion du nationalisme et du militarisme10. Bien que les méga-événements comme les Jeux olympiques soient souvent présentés comme ayant des retombées économiques positives pour les villes hôtes, les preuves à l’appui demeurent incertaines11 et ces événements peuvent avoir des effets disproportionnés sur les communautés et les personnes issues de milieux défavorisés12,13.
Comme pour de nombreux aspects de la vie, le sport peut avoir des retombées très positives pour les individus et les communautés, mais ces bienfaits ne sont pas garantis. Les environnements, les systèmes et les interactions doivent être réfléchis et gérés avec soin si l’on souhaite tirer pleinement parti des avantages de la participation sportive.
Merci à Kevin Kristjanson pour avoir rédigé cette réflexion sur les rôles du sport dans la société.
Les références renvoient à des études et publications en anglais :
1Gronholm, P. C., Henderson, C., Deb, T., & Thornicroft, G. (2017). Interventions to reduce discrimination and stigma: the state of the art. Social psychiatry and psychiatric epidemiology, 52(3), 249-258.
2Perks, T. (2007). Does sport foster social capital? The contribution of sport to a lifestyle of community participation. Sociology of sport journal, 24(4), 378-401.
3Hanson, C. S., Nabavi, D., & Yuen, H. K. (2001). The effect of sports on level of community integration as reported by persons with spinal cord injury. The American Journal of Occupational Therapy, 55(3), 332-338.
4Nelson, M. C., & Gordon-Larsen, P. (2006). Physical activity and sedentary behavior patterns are associated with selected adolescent health risk behaviors. Pediatrics, 117(4), 1281-1290.
5Chen, S., Liang, X., Hu, X., & Xing, X. (2024). Long-term sport participation after the Olympic Games: from ‘inspirational feelings’ to ‘inspirational effects’. Sport in Society, 27(4), 555-577.
6Holt, N. L., & Neely, K. C. (2011). Positive youth development through sport: A review. Revista iberoamericana de psicología del ejercicio y el deporte, 6(2), 299-316.
7Fraser-Thomas, J. L., Côté, J., & Deakin, J. (2005). Youth sport programs: An avenue to foster positive youth development. Physical education & sport pedagogy, 10(1), 19-40.
8Terry‐McElrath, Y. M., & O’Malley, P. M. (2011). Substance use and exercise participation among young adults: Parallel trajectories in a national cohort‐sequential study. Addiction, 106(10), 1855-1865.
9Boykoff, J. (2022). Toward a theory of sportswashing: Mega-events, soft power, and political conflict. Sociology of sport journal, 39(4), 342-351.
10Chaeroni, A., Muspardi, M., Mottakin, M., Talib, K., Orhan, B. E., Lani, M. N., … & Kurnaz, M. (2024). Sports as an instrument of nationalism and patriotism: systematic literature review on the role of sports in shaping national identity in various countries. Retos: nuevas tendencias en educación física, deporte y recreación, (61), 1038-1049.
11Scandizzo, P. L., & Pierleoni, M. R. (2018). Assessing the Olympic Games: The economic impact and beyond. Journal of economic surveys, 32(3), 649-682.
12Liang, X., Quinton, M., Veldhuijzen van Zanten, J., Duan, Z., Zoob Carter, B., Heyes, A., … & Chen, S. (2024). Legacies and impacts of major sporting events for communities and individuals from disadvantaged backgrounds: A systematic review. Equality, Diversity and Inclusion: An International Journal.
13Freiler, A., & Holden, M. (2012). Homelessness in the Livable City: Public Space Regulation in Olympic City, Vancouver’s Poorest Neighborhood. Critical Planning, 19.


