mercredi, février 13, 2019

Chers amis du Centre,

Comme plusieurs d’entre vous, nous avons été profondément attristés de lire l’enquête-reportage de la CBC concernant la prévalence des agressions sexuelles dans le sport au Canada. Malheureusement, nous ne pouvons pas dire que nous sommes particulièrement surpris.

Dans le cadre de nos fonctions au sein du système du sport de haut niveau au Manitoba, il nous arrive d’être informés de situations où des athlètes, des entraineurs ou des administrateurs ont été victimes de comportements nuisibles. Bien souvent, ils se manifestent sous forme de croyances démodées selon lesquelles il faut « endurcir » les athlètes par le biais de la violence corporelle et émotionnelle lors de l’entrainement. De plus en plus, nous sommes appelés à rebâtir des athlètes qui ont souffert, ou qui souffrent encore, d’abus dans leur environnement sportif.

Bien qu’il soit rare que l’on nous informe d’agressions sexuelles, je tiens à vous informer de ce que nous avons fait, et continuons à faire, pour nous assurer que le CCSM est un endroit sécuritaire pour tous ceux qui le fréquentent. Comme plusieurs, notre parcours a débuté il y a plusieurs années lors d’une discussion concernant l’environnement toxique qui régnait dans l’un de nos organismes partenaires. Pour moi, ce fut une conversation très embarrassante : je n’avais certainement pas les mots pour décrire ce que nous entendions et je ne savais pas comment en discuter dans un contexte professionnel. Ce fut difficile pour notre personnel. Certains pleuraient. On a partagé ce qui, pour moi, furent des révélations choquantes en ce qui a trait à la prévalence du harcèlement sexuel dans le lieu de travail et l’inefficacité des politiques lorsqu’elles ne s’harmonisent pas à la culture. Ceci est particulièrement important pour nous au CCSM. Il est, et demeurera toujours, plus important de vivre une culture qui minimise le plus possible les risques de comportements nuisibles que de mettre en place une politique parfaite qui garantit notre victoire chaque fois que nous devons nous présenter devant les tribunaux.

Je suis fier de dire que nous avons fait beaucoup de chemin depuis ces premiers pas guindés. Les discussions concernant les questions d’abus dans le sport sont désormais courantes au CCSM. Nous avons travaillé avec l’Olympienne Sandi Kirby, cofondatrice de Safe Sport International, à plusieurs reprises. Certains d’entre vous savent que le CCSM fut l’une des premières organisations sportives du Manitoba à se joindre au mouvement Sport pur du Centre canadien pour l’éthique dans le sport. La semaine dernière, les gens merveilleux du Centre canadien de protection de l’enfance ont animé un atelier pour tout notre personnel pour compléter leur certificat Priorité jeunesse. Nous sommes extrêmement fiers que tout notre personnel ait suivi ce programme. Bien sûr, la vigilance et l’apprentissage ne sont pas terminés. Cette semaine, nous rencontrerons notre personnel pour décider de nos prochaines étapes pour nous assurer que notre environnement est sécuritaire pour tous ceux qui entrent en contact avec nous. En octobre, nous aurons la chance de rencontrer Gloria Viseras, une autre Olympienne et la première dénonciatrice de l’Espagne dans le domaine du sport sécuritaire. Elle partagera avec nous ses expériences en tant que gymnaste et ce que les organisations de sport peuvent faire pour défendre le bien-être de leurs athlètes.

Il est aussi important pour moi de connaître votre opinion sur ce sujet. Y a-t-il quelque chose que nous devrions faire, selon vous? Y a-t-il quelque chose que nous devrions savoir? Y a-t-il quelque chose que nous pouvons faire pour vous aider?

Enfin, nous souhaitons que vous sachiez que nous continuerons à intervenir au nom des athlètes (ou des membres de notre communauté) qui sont en danger.