Jorie Janzen

mardi, octobre, 18th, 2016

La directrice de la diététique du sport, Jorie Janzen, n’est pas une diététicienne ordinaire. Dans cet article, elle explique ce qui la motive et ce qu’elle aime de son travail. Elle offre également des conseils aux gens intéressés par cette discipline.

Quand votre famille et vos amis vous demandent ce que vous faites dans la vie, que répondez-vous?
J’aide les gens à découvrir comment être à leur meilleur – selon leurs besoins. La nutrition fait partie de cela. J’aide les gens à comprendre que la nutrition est synonyme de santé et non de poids.

Quelles sont les questions que l’on vous pose fréquemment?
« Est-ce que je peux manger après 20 h? » « Est-ce que je peux manger des glucides? Combien? » La réponse à ces questions dépend de leurs objectifs en tant qu’athlète. Tous les plans sont personnalisés selon les besoins de chaque athlète, ce qui les aide à les accepter et s’y intéresser.

Quelle est la question que l’on ne vous pose jamais, mais que vous aimeriez entendre?
« Comment la nutrition peut-elle m’aider dans la vie? » J’aimerais que les gens arrivent en voulant connaître les vraies choses – pas seulement une solution miracle pour atteindre leur poids ou image idéaux. Athlète ou non, il ne s’agit pas de vous « réparer », mais de travailler avec ce que vous avez. C’est pourquoi il est important pour les diététiciens d’aller au-delà de la nutrition et de jouer un rôle de conseiller ou conseillère. Il s’agit de l’aspect « conseillère de vie » de mon travail. Je juge important d’encadrer tous mes clients à titre d’êtres humains, et non de les traiter comme des objets.

Quel est votre aspect favori de votre travail?
Je ne suis pas médecin, mais j’ai quand même la chance de sauver des vies. Je crée beaucoup de changements et j’aide les gens à atteindre leur plein potentiel.

Quel conseil donnez-vous aux gens qui envisagent ou entame une carrière en diététique?
Si vous faites des erreurs, ce n’est pas grave : il s’agit d’une leçon apprise. Il n’y a pas qu’une seule manière d’y arriver. Je suis diététicienne du sport non pas parce que je suis une athlète, mais en raison d’une excellente relation qui m’a amenée ici. Il faut se laisser le temps d’y arriver. Choisissez votre propre voie. Cela n’arrivera pas du jour au lendemain.

Sortez de votre zone de confort. Ne changez pas, mais tentez d’améliorer certaines choses. Parfois, vous devez montrer aux gens ce dont vous êtes capable – il peut y avoir un écart entre vos capacités et ce que les gens pensent de vous. Présentez-vous en tant que personne pour atteindre vos objectifs professionnels. Rechargez vos piles en étant vous-même.

Il est important de trouver un emploi que l’on aime, mais il ne faut pas mettre sa vie sur pause pour sa carrière. Vous pouvez rebâtir, mais vous ne pouvez pas reculer dans le temps ou retrouver le temps perdu. Il y aura toujours une autre chance qui s’offrira à vous. Assurez-vous de ne pas être perdant – et n’oubliez pas qui vous êtes.

Quels sont vos plus grands défis quotidiens?
La structure. L’environnement de travail peut me distraire et il peut être difficile de me concentrer. J’ai la chance d’avoir un poste à temps plein en nutrition du sport, mais ce n’est pas le cas pour la plupart des autres au Manitoba. Cela veut dire que les diététiciens du sport doivent avoir un autre emploi à temps plein et sont diététiciens uniquement le soir et les weekends. J’aimerais beaucoup avoir des collègues manitobains qui travaillent à temps plein pour partager nos idées, nos défis et notre charge de travail.

Quelle est la formation nécessaire pour occuper votre poste?
J’ai un baccalauréat en écologie humaine avec une majeure en nutrition (qui s’appelle maintenant un baccalauréat en sciences avec majeure en science de la nutrition à travers le département d’agriculture), avec un stage de dix mois dans un Centre de sciences de la santé. J’ai récemment fait partie du premier groupe de Canadiens à recevoir la certification de spécialisation en diététique du sport (CSSD).

Y a-t-il un sport ou un groupe démographique avec lequel vous préférez travailler?
Non, j’aime tous les gens. Peu importe le sport, c’est un défi! Je n’aime pas la mentalité des manuels de nutrition de sport. Ça peut être un point de départ, mais ce n’est définitivement pas le gabarit idéal pour tous. J’ai toujours cherché à comprendre ce qui fonctionne pour chaque athlète.

Est-ce que votre travail a une incidence sur votre vie de famille?
Je permets à ma fille d’avoir des gâteries tous les jours. Ce qui est bien quand on est diététicienne, c’est que nous aimons normaliser les aliments. L’objectif est de nourrir le corps et lui permettre de bien fonctionner. J’ai une relation saine avec les aliments et je travaille fort pour aider ma fille à avoir ce même type de relation.

De plus, lorsqu’un athlète a besoin de moi, ce n’est pas toujours entre 9 h et 17 h. Le travail peut déranger la vie de famille. Si quelqu’un a besoin d’aide à 22 h, j’accepte toujours l’appel. Même si cela peut parfois être stressant, mon travail (et ces appels tard dans la soirée) peut enrichir la qualité de vie d’un athlète.